Moruroa, dont le nom signifie "grand secret" ou "grand filet de pêche"(en mangarevien "moru" signifie filet ou secret, et "roa" grand), désigne soit une île lointaine, soit une île ayant la forme d'une grande nasse de pêche.
Cet atoll d'origine volcanique de 28 km de long d'est en ouest sur 11 km de large du nord au sud comporte une couronne récifale de plus de 65 km de long ayant deux passes au nord-ouest dont une seule est navigable. Il est situé à 4.750 km d'Auckland, 6.900 km de Sydney, 6.560 km de Los Angeles, 6.600 km de Lima, 6.720 km de Santiago du Chili et 1.250 km de Papeete.
L'île fut découverte en 1792 par les hommes d'un baleinier américain, le Matilda, qui se brisa sur ses récifs. Elle devint terre domaniale polynésienne en 1881 et son exploitation (lagon et cocoteraie) fut confiée à différents fermiers jusqu'aux années 1960. Elle fut habitée sporadiquement par quelques ouvriers travaillant à la récolte du coprah ou de la nacre.
En 1962, compte tenu de son éloignement des atolls habités et de l'existence des passes navigables, l'atoll, improprement baptisé Mururoa par les militaires, fut retenu comme futur site de tir du Centre d'Expérimentations du Pacifique. L'Assemblée Territoriale de la Polynésie Française cèda en février 1964 les deux atolls de Moruroa et Fangataufa à l'État Français à charge par lui d'indemniser le dernier fermier en ayant la concession.
Les soldats du Génie y construisirent dès lors les infrastructures nécessaires, dont un aérodrome, des routes, des blockhaus, des logements, etc... et baptisèrent chaque partie de l'île par un prénom féminin, un nom d'oiseau ou de fleur.
Dans le prolongement de la piste d'atterrissage vers le sud se trouvent les infrastructures de la base.
Le 2 juillet 1966 eut lieu le premier tir. Jusqu'en 1975, les tirs furent aériens (sous ballon), 36 sur Moruroa et 5 sur Fangataufa distant de 45 km vers le sud. Ils devinrent ensuite souterrains. Les explosions eurent lieu au fond de puits creusés en offshore dans la couche basaltique de l'atoll, au début à l'extérieur du lagon, puis à partir de 1981 au centre du lagon. Les charges explosaient ainsi à 1.200 m de profondeur. En 1992, on prononça la suspension des essais, mais une dernière campagne fut tirée qui s'acheva en 1996. Il y eut en tout 142 essais souterrains à Moruroa et 10 à Fangataufa, soit un total général de 193 tirs.
Depuis lors, l'Armée a procédé au démantèlement de Moruroa, replanté des cocotiers, et il n'y reste plus que quelques militaires pour surveiller le fonctionnement du système automatique d'analyse géologique et de radioactivité.
Les atolls de Moruroa et Fangataufa ainsi que leurs constructions sont retournés dans le giron du Territoire.
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